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Un an après avoir pris en main les destinées de l'ex-radio du Sud pour en faire une radio nationale "talk", Alain Weill dresse pour RadioActu un premier bilan des transformations entreprises.
RadioActu : Vous avez repris les rênes de RMC Info il y a un an. Quel bilan tirez-vous de cette première année ?
Alain Weill :C'était une année de reconstruction. Nous nous étions fixé comme objectif pour 2001 de construire des fondations solides pour le nouvel RMC Info. De ce point de vue là, l'objectif est parfaitement atteint, puisqu'aux derniers sondages, avec 2.5 points nous avons franchi un cap très significatif qui a même surpris je crois les experts de Médiamétrie. Cela dit, il faut être prudents car nous sommes encore à des niveaux d'audience qui font qu'il y a un aléa statistique important : on peut avoir des hauts et des bas. Mais sur la durée, j'ai aujourd'hui une visibilité assez claire sur le fait que nous avons engagé un processus et que nous devrions continuer à monter au cours de l'année 2002. Cette première année est donc une année de mise en place de fondations solides avec l'installation du nouveau site à Paris, qui fait de RMC Info la plus moderne des radios d'info en termes d'organisation et de moyens techniques. Des trois radios généralistes, RMC Info est celle qui a le plus souffert mais qui du coup a pu faire sa mue totale et s'organiser de manière cohérente par rapport à la nouvelle donne du paysage radiophonique. C'est-à-dire qu'avant on avait une organisation des charges et des effectifs qui correspondaient à une période de monopole, et aujourd'hui RMC Info c'est 100 collaborateurs, 60 journalistes, un budget ramené à un peu plus de 100 millions de francs. Notre organisation est très éloignée de celle de nos principaux concurrents mais qui représente l'avenir. A nous d'en tirer parti et de s'appuyer sur elle pour assurer la relance de la radio.
RA : C'est un pari risqué que RMC Info semble être en passe de réussir, mais comment s'est restructuré l'auditoire de votre station ?
A.W. : Je suis assez confiant par rapport à l'avenir, mais en même temps je ne veux pas dire aujourd'hui que le pari est gagné. Je le dirais en 2003 lorsque nous aurons atteint le point d'équilibre financier de la station, une situation que RMC Info n'a plus connu depuis 15 ans. Donc, si deux ans après la mise en place d'une nouvelle organisation nous sommes au point mort, je crois que ça sera effectivement un très bon résultat. Nous sommes sur cette voie là mais nous n'avons pas encore atteint cet objectif. Je sais aujourd'hui plus qu'hier qu'il est raisonnable de penser que nous pouvons gagner ce pari en 2003.
RA : L'arrivée notamment d'anciens collaborateurs d'NRJ Group comme Marc Laufer et Alain Quarré suscite des interrogations. Quelles sont aujourd'hui les relations entre vous et NRJ Group ?
A.W. : Il n'y a aujourd'hui plus aucune relation professionnelle, financière ou capitalistique entre NRJ et RMC Info. Les choses sont très claires. Je peux comprendre que les gens se soient interrogés il y a un an vu la rapidité de mon départ de NRJ et vu que c'était normalement NRJ qui devait racheter RMC Info, mais la législation ne le permettant pas, il a fallu trouver une autre solution et c'est vrai que j'ai apporté à Jean-Paul Baudecroux la solution. C'était en même temps pour moi une opportunité. Mais ceux qui connaissent bien Jean-Paul Baudecroux et qui me connaissent bien savent que l'hypothèse de liens "secrets" n'a pas de sens.
RA : Vous vous y êtes d'ailleurs engagé devant le CSA ?
A.W. : Oui, mais ce sont plutôt nos concurrents qui avaient répandu cette rumeur, et je n'ai jamais senti une inquiétude du CSA sur ce sujet. De longues années de collaboration et de construction de relations de confiance avec le CSA lui ont permis de vérifier durablement que ni Jean-Paul Baudecroux ni moi-même n'avions trompé ni trahi la confiance du CSA. Pour ce qui est des anciens collaborateurs d'NRJ, le milieu de la radio est petit, ensuite ce sont des gens avec qui j'ai travaillé, donc c'est assez banal de reconstituer une équipe de collaborateurs qu'on a pu apprécier ailleurs. Si vous regardez la situation chez
les concurrents de RMC Info, vous verrez qu'il y a aussi beaucoup d'anciens de NRJ. C'est un petit milieu, donc quand les gens quittent NRJ, ils vont dans une autre radio. Proportionnellement, je ne pense pas qu'il y ait plus d'anciens de NRJ chez nous qu'à Europe 1. S'il y a une chose qui aurait pu être un signe, sans que cela soit une preuve, c'était éventuellement la revente de notre réseau d'émetteurs. Nos 80 pylônes ont été cédés à TDF, ce qui est sans doute la chose la plus concrète. Autre élément concret pour ceux qui au bout d'un an ne veulent toujours pas y croire, nous venons de resigner un contrat de régie avec IP, donc ça n'aurait pas de sens. Il faut que les gens puissent comprendre que pour moi c'était une opportunité d'investir dans un projet personnel. Si c'était le faire pour le compte d'NRJ, je préfère rester vice-président et directeur général d'NRJ Group que petit télégraphiste sur une filiale du groupe.Nous n'avons jamais trompé la confiance du CSA
RA : Vous êtes aujourd'hui candidat à l'attribution de fréquences AM, alors qu'il y a quelques mois vous songiez à arrêter l'émetteur Grandes Ondes de RMC Info. Pourquoi cet engouement pour les ondes moyennes ?
A.W. : Parce que mes responsabilités précédentes ne m'ont jamais offert la possibilité de bien connaître l'AM. J'en avais plutôt une idée un peu ancienne, et en arrivant ici j'ai découvert tous les avantages de l'AM, que ce soit les Grandes Ondes ou les Ondes Moyennes à un moment où on va passer au numérique plus facilement que dans d'autres domaines comme la Télévision Numérique Terrestre ou le DAB. Le numérique pour l'AM c'est vraiment l'équivalent du passage du noir et blanc à la couleur pour la télévision. Ca ne représente pas beaucoup d'investissements pour le diffuseur, c'est la même fréquence, donc il n'y a pas besoin d'autorisation. C'est simplement un parc de récepteurs qui doit être changé, mais comme nous allons pouvoir diffuser en Simulcast l'analogique et le numérique, il n'y a aucun inconvénient à la numérisation. Il n'y a que des avantages puisque les gens pourront recevoir la radio en qualité FM mono. Aujourd'hui, l'AM pour RMC Info c'est les Grandes Ondes, donc la fréquence 216 AM.
RA : Quelle est la part de l'audience que vous réalisez aujourd'hui sur l'AM ?
A.W. : Ca représente 30 à 40% de l'audience des radios généralistes. Il est vrai que les choses ont bien changé en 20 ans. Il y a 20 ans, quand la FM est arrivée, assez naturellement les jeunes qui s'intéressaient d'abord aux programmes musicaux sont allés sur la FM et d'autre part les radios généralistes ont également diffusé leurs programmes en FM. Il y a donc eu une "bascule" de l'AM vers la FM. Les plus jeunes auditeurs ont perdu l'habitude de fréquenter l'AM, en l'occurrence les Grandes Ondes. Mais aujourd'hui les radios généralistes ont bien évolué, leurs programmes sont beaucoup moins musicaux qu'avant. Pour ce qui est de RMC Info, il y a très peu de musique, ce sont des programmes qui sont devenus "talk", privilégiant la parole à la musique et là, les inconvénients de l'AM disparaissent en grande partie. Par contre, ont redécouvre les avantages de l'AM qui permet notamment en voiture de se déplacer sur de grandes zones sans changer de fréquence puisque, pour ce qui est de RMC Info, notre fréquence c'est 216 AM, de la même façon qu'à Paris c'est 103.1 FM. Et je crois que nous avons un énorme effort de promotion à faire, ne serait-ce que sur notre antenne, pour dire aux gens "quand vous ne nous recevez plus en FM, sachez que vous pouvez nous écouter en AM". Quand vous avez un programme fort, plutôt que de passer à la concurrence quand vous ne recevez plus votre radio en FM, les gens auront à nouveau le réflexe de basculer sur l'AM. Cela peut nous permettre de gagner et de fidéliser des
auditeurs. D'une façon générale, je suis optimiste pour l'avenir des radios d'information, les ex-radios généralistes, parce qu'elles ont beaucoup évolué. Leurs programmes correspondent mieux aux attentes des auditeurs dans un contexte qui a énormément changé : d'un côté on a les radios musicales qui sont extrêmement formatées, et de l'autre côté, à la place des radios généralistes que l'on disait déclinantes ces dernières années, on aura des "talk radios" qui seront elles aussi formatées. Je crois que les bons résultats d'Europe 1 depuis quelques années, qui est devenue une radio "talk" le prouvent. Nous en prenons aussi le chemin aujourd'hui avec un format beaucoup plus clair et identifié. RTL aussi privilégie de plus en plus le "talk" à la musique. Tous les changements qui se font c'est pour du "talk" au détriment des variétés. Cela correspond à une réalité dans le comportement des gens : d'un côté ils veulent de la musique, et de l'autre côté ils veulent que ça parle. Il y a encore très peu de temps, quand on voulait une radio qui parle, on avait du mal à la trouver. Aujourd'hui, entre RMC Info, France Info ou Europe 1, il y a un choix important qui va s'élargir, et ces radios vont passer du statut de "généralistes" au statut de radios d'info modernes qui auront chacune leurs spécificité, leurs spécialités, y compris dans le sport par exemple, et je crois que cela nous permettra de reconquérir de nouveaux auditeurs en ayant une offre plus pointue et élargie.Notre format est beaucoup plus clair et identifié
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Thibault Leroi (thibault.leroi_at_radioactu.com) pour RadioActu
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Thibault Leroi pour RadioActu
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