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Le consortium DRM a tenu cette semaine à Paris son assemblée générale. A cette occasion, Peter Senger, président, a accordé un entretien exclusif à RadioActu. Il fait le point sur le développement de la radio numérique en France et a annoncé une extension du DRM vers la bande FM.
RadioActu : Depuis le lancement officiel de DRM il y a deux ans à genève, quel est le chemin qui a été parcouru et quelle aujourd'hui la situation de DRM dans le monde ?
Peter Senger : Nous avons commencé des émissions régulières tout de suite après la conférence DRM de Genève. Nous étions alors à une centaine de diffusions dans le monde, aujourd'hui nous en sommes à plus de 500 par jour et cela concerne environ 60 stations de radio. DRM s'est bien développé. Nous avons également le préparé le lancement d'un récepteur DRM, prévu à Berlin au mois de septembre. Si tout va bien, nous plusieurs modèles disponibles pour moins de 200 euros. Ils seront en magasin dès le mois d'octobre pour les fêtes de Noël.
RA : En ce qui concerne l'Europe, quels sont les opérateurs qui ont débuté leurs émissions en DRM ?
P.S. : Il y a RTL au Luxembourg qui diffuse en allemand et en français, la BBC, la Deutsche Welle, Radio Nederland, Deutschland Radio, mais aussi des hollandais, des suédois, des russes, des italiens avec Radio Vatica, il y a aussi une station en Espagne. Mais le plus important pour cette année, c'est la décision prise aujourd'hui par notre assemblée générale d'élargir et développer le système existant à des fréquences plus élevées, jusqu'à la bande FM. Ainsi, il y a aura un sytème unique, le DRM, pour les bandes de fréquences comprises en 30 et 130 MHz. On ne touche pas aux bandes DAB. Ce sytème sera développé dans les deux ans à venir et sera le seul système pour toutes les bandes. Il devrait être disponible dans les 4 prochaines années.
RA : N'y a t-il pas un risque de concurrence avec le développement du DAB ?
P.S. : Non, car le DAB continuera là où il est exploité aujourd'hui. Il peut aussi être utilisé dans la bande FM. Chaque pays choisira le système qui lui convient le mieux. Mais surtout, il n'y a pas de concurrence, nous travaillons avec le World DAB Forum. Nous avons depuis longtemps un accord avec World DAB Forum. Nous sommes ouverts à toute collaboration avec d'autres systèmes.
RA : La France est en retard par rapport à d'autres pays. Des décisions ont elles été prises aujourd'hui pour accélérer le déploiement du DRM en France, notamment avec Radio France ?
P.S. : Nous sommes très contents d'être à nouveau réunis à Paris car toute la mise en place du consortium DRM a débuté ici à Paris. Aujourd'hui, nous avons pris une grande décision pour l'extension future du système DRM. Pendant toute notre assemblée générale, il y a des émissions à Paris en mode DRM sur les ondes moyennes qui sont d'une excellente qualité. Nous recevons ces programmes même ici dans ce studio [NDRL : Studio 117 de la Maison de Radio France], ce qui est une vraie surprise pour moi car normalement un studio est bien isolé. Nous sommes très heureux d'avoir été accueillis par Jean-Paul Cluzel, PDG de Radio France, et bien sûr, je lui ai posé une question devant les membre de DRM concernant les orientations de Radio France en matière de numérisation de la diffusion. Ce que j'ai compris, c'est que Radio France a engagé une vaste réflexion dans ce domaine, en particulier pour l'acquisition des licences. Je dois dire aussi que la France est le seul pays pour le moment qui ait déjà réglé l'accès au numérique pour les radiodiffuseurs. En Allemagne, le projet est en préparation, mais devrait durer au moins deux ans car le système fédéral est beaucoup plus lent. Mais la France est déjà bien avancée et vous avez avez un grand diffuseur commercial, RTL, qui est déjà équipé pour les ondes courtes et je suis certain que dès que les récepteurs seront disponibles, d'autres stations suivront.
RA : Quelles sont les relations que vous avez justement avec les opérateurs privés français ?
P.S. : Nous avons eu plusieurs réunions avec eux, avec nos représentants français et notamment Michel Penneroux de TDF qui a d'excellents contacts. Nous avons fait des démonstrations pendant le salon Le RADIO! et des conférences. Nous sommes très contents que la France démarre aussi ses émissions. J'étais ici il y a douze ans pour le lancement du DAB au cours d'une grande réception au Louvre, et hier soir [NDLR : mercredi 9 mars] nous avons eu la chance d'être invités à nouveau au Louvre. Je me souviens qu'à cette époque, le gouvernement était bien représenté, et j'espère que nous avancerons beaucoup plus vite cette fois-ci. De manière générale, je pense que le public s'intéressera à la radio numérique lorsqu'elle sera là. Il ne veut pas savoir si c'est du DRM ou du DAB. Comme les premiers récepteurs seront à la fois DAB, DRM et couvriront toutes les gammes FM et AM, l'offre de programmes sera élargie. C'est ce qui a fait le succès du DAB en Grande-Bretagne, et c'est ce qui portera DRM sur certains marchés.
RA : Avez-vous prévu des opérations de communication autour de DRM et de la radio numérique en général ?
P.S. : Oui. Nous avons commencé de manière différente que pour le DAB en évitant de faire les mêmes erreurs. Ils ont commencé avec des ingénieurs, mais il n'y avait aucune équipe marketing ou commerciale. Pour DRM, nous avons mis en place dès le début un comité commercial et un comité commercial. Le comité commercial a expliqué aux ingénieurs quelles étaient les attentes du marché. Nous avons développé un produit qui correspond aux attentes du public, en concertation avec les ingénieurs et les commerciaux. De cette façon, le système est prêt, et ce sont maintenant aux membres du comité commercial qui négocient et mettent en place les récepteurs chez les revendeurs et au niveau de l'industrie automobile. De même, au moment où les récepteurs seront disponibles dans les magasins, les radiodiffuseurs comme par exemple RTL ou la Deutsche Welle feront beaucoup de communication et de publicité pour la radio numérique dans leurs programmes. Des opérations de communications sont également prévues en télévision et sur internet. De cette façon, tous nos auditeurs et téléspectateurs seront informés. Nous touchons environ 100 millions de personnes à travers le monde, mais nous allons d'abord nous concentrer sur l'Europe et je suis certain qu'il y aura de fortes ventes de récepteurs. Si vous écoutez aujourd'hui les ondes moyennes et les ondes courtes analogiques et que vous comparez avec des émissions en DRM, la différence est remarquable, alors que la FM et le DAB sont comparables en termes de qualité.
Thibault Leroi (thibault.leroi_at_radioactu.com) pour RadioActu
© MédiasActu · 2005 · Reproduction interdite sans autorisation
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