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Marie-Laure Denis est désormais chargée au CSA du dossier de la diffusion numérique de la radio. Pour RadioActu, elle a évoqué les objectifs et les attentes du CSA dans ce domaine. Seule certitude : le débat est ouvert, sans précipitation.
Depuis le 22 avril dernier, opérateurs, éditeurs de services, distributeurs de services, prestataires et opérateurs de diffusion, constructeurs d'équipements de radio sont invités à s'exprimer sur la question de la diffusion numérique de la radio. Un domaine dans lequel la France accuse désormais un retard conséquent au regard de ses voisins européens. Le CSA a en effet ouvert une vaste consultation sur le sujet, comme le prévoit la loi sur les communications électroniques adoptée le 9 juillet 2005. "Cette consultation est ouverte préalablement à d'éventuelles autorisations dans ce domaine", a précisé ce mercredi 4 mai Marie-Laure Denis, chargée du groupe de travail radio au CSA. Et en la matière, le CSA n'entend pas confondre vitesse et précipitation. Depuis de longs mois, il a en effet manifesté sa volonté de voir s'ouvrir ce vaste chantier de la diffusion numérique de la radio. "Je ne pense pas que la France soit déficiente sur le plan technologique. Je crois qu'il y a des positions établies et qui ont pratiqué un certain malthusianisme, qui n'ont pas voulu voir arriver de concurrents sur les marchés. Mais pour l'auditeur, c'est un élargissement de l'offre, et cet élargissement, nous le soutenons", expliquait pour sa part Dominique Baudis, président du CSA, dans un entretien accordé à RadioActu en février 2004. "Je ne sais pas sous quelle forme on y arrivera, mais je suis convaincu que, aussi bien pour la transmission hertzienne en télévision que pour la radio, on va arriver à la numérisation", poursuivait-il avec prudence. Car désormais, c'est avec prudence que le CSA va travailler sur l'avènement de la radio numérique en France, et le débat sera largement ouvert.
"Nous sommes à la veille d'une mutation technologique, à l'heure des enjeux culturels, indutriels et commerciaux pour la radio", explique pour sa part Marie-Laure Denis. Soulignant le succès du lancement de la TNT auprès du public il y a quelques semaines, elle estime que "la radio ne doit pas rester le dernier média analogique dans sa diffusion". Selon elle, la migration de la radio vers la diffusion numérique correspond à "une évolution des goûts du public et de ses attentes. C'est aussi offrir plus de choix, une meilleure qualité de son et davantage d'interactivité". Pour Marie-Laure Denis, "seul le numérique peut répondre à ces attentes". A n'en pas douter, le numérique permettra un réel enrichissement du paysage radiophonique français, certes l'un des plus riches d'Europe, mais aussi complètement figé du fait de la saturation de la bande FM depuis plusieurs années. Au-delà des enjeux de programmes, c'est sur le terrain économique et technologique que va se jouer la bataille du numérique. L'un des enjeux majeurs du CSA sera de réussir à faire cohabiter sur cette future radio numérique tous les opérateurs existants, qu'ils soient nationaux, régionaux, locaux ou associatifs, ainsi que les nouveaux entrants. Car le numérique, en multipliant les possibilités de diffusion, "va ouvrir le champ à de nouveaux formats, de nouveaux programmes et à des niches. Nous espérons susciter l'appétit des opérateurs", poursuit Marie-Laure Denis.
Sur un plan technologique, plusieurs normes sont en compétition, telles que le DAB, le DRM, l'IBOC, le DVB-T, le DVB-H ou encore le DMB. Et le CSA n'a aucune idée arrêtée sur le choix de la future norme de diffusion. "La consultation que nous avons lancée respecte le principe de neutralité technologique et le débat est ouvert. Aucune norme ou hypothèse de déploiement n'est exclue", précise Marie-Laure Denis, tout en soulignant "l'important travail des services du CSA"". "Je pense que le passage à la diffusion numérique est inéluctable pour la radio", poursuit-elle. S'il n'y a pas de calendrier arrêté pour un éventuel déploiement de la radio numérique, les opérateurs ont jusqu'au 30 juin prochain pour faire parvenir au CSA leurs réponses à la consultation. A l'automne prochain, l'autorité de régulation fera la synthèse de ces réponses et définira des objectifs et une méthode de travail. D'ici là, le CSA pourrait bien être pris de court par certains opérateurs comme RTL Group, qui envisage de lancer d'ici la fin de l'année un programme numérique en DRM et de commercialiser en France les premiers récepteurs de radio numériques avant Noël 2005.
Thibault Leroi (thibault.leroi_at_radioactu.com) pour RadioActu
© MédiasActu · 2005 · Reproduction interdite sans autorisation
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