PUBLI-INFO > RadioActu vous conseille 

Envoyez cet article à un ami
Le consortium DRM vient de tenir son Assemblée Générale Annuelle pour l'élection de son bureau. Alain Delorme et John Sykes ont étés élus vice-présidents. Entretien exclusif avec Alain Delorme de TDF sur ses visions et rôles au sein de ce Consortium international.
RadioActu : Outre votre élection, beaucoup d'autres nominations ont marqué cette assemblée générale ainsi que l'entrée de nouveaux membres, que peut-on attendre des deux années de ce nouveau mandat ?
Alain Delorme : Né en 1998, le consortium DRM procède aux élections de ses différentes structures tous les deux ans. Cette année était effectivement une année d'élection, à commencer par celle des 18 membres du comité directeur qui oriente et approuve la stratégie, et rapporte à l'assemblée générale des membres. TDF, membre fondateur de DRM a été réélue cette année à ce comité où elle est représentée depuis l'origine, et Radio France a rejoint ce comité directeur cette année. Le constructeur Thomson (ex-Thalès Broadcast et Multimedia) a également été réélu, complétant ainsi la représentation des acteurs français. Il est ensuite procédé aux élections, au sein de ce comité directeur, du chairman, de deux vice chairmen, et du trésorier. Peter Senger, chaiman depuis l'origine, a une nouvelle fois été reconduit, John Sykes de la BBC et moi-même ayant eu l'honneur d'être nominés puis élus par nos pairs aux postes de vice chairmen. Ces élections se sont déroulées dans un contexte où le consortium DRM entre dans une nouvelle ère. Fondé en 1998 pour bâtir, normaliser et promouvoir un système permettant la numérisation de la diffusion en dessous de 30 MHz, c'est-à-dire dans les actuelles bandes utilisées par la modulation d'amplitude (ondes longues, moyennes et courtes), il a franchi une étape majeure en 2003 avec l'obtention de la recommandation en tant que standard mondial par les organismes de standardisation majeurs à commencer par l'UIT.
RA : Quelles décisions ont été prises ?
A. D. : Il a décidé d'étudier l'extension de ce système à d'autres bandes de diffusion radio jusqu'à 120 MHz. Il lui fallait donc réorganiser son fonctionnement pour répondre à ces deux enjeux d'avenir que sont d'une part l'introduction de la norme actuelle dans le Monde entier, et d'autre part définir et faire adopter le standard pour de nouvelles bandes de fréquences. Le Project Office de DRM va ainsi évoluer pour répondre à ces deux enjeux, et son équipe de pilotage et de définition stratégique, dans laquelle je suis par ces élections encore plus impliqué, a été bâtie à cet effet.
RA : Le consortium DRM réorganise légèrement l'exécutif. Vous en faites maintenant partie intégrante avec John Sykes de la BBC. Quel va être exactement votre rôle en tant que co-vice-président ?
A. D. : Le comité directeur, avec ses 18 membres, est une structure trop lourde pour un pilotage au quotidien de la marche du consortium. Il faut donc restreindre l'équipe d'un "bureau exécutif" à un nombre plus limité de personnes ayant reçu mandat, par ces élections, pour prendre collégialement les décisions concernant la mise en oeuvre de la stratégie arrêtée par le comité directeur, et approuvée par l'assemblée générale. Ce bureau exécutif regroupera, autour du chaiman, les deux vice chairmen, le trésorier, les deux chairmen des comités technique et commercial, et quelques représentants délégués par le comité directeur. Les deux vice chairmen auront pour mission plus spécifique, au-delà du soutien qu'ils apportent au chaiman, et de leur contribution au bureau exécutif, de piloter le Project Office qui est le bras opérationnel du consortium.
RA : Radio France vient d'entrer dans le bureau du consortium aux côtés de 17 autres membres. Un bon signe pour la radio numérique en France ?
A. D. : Radio France a effectivement cette année postulé au comité directeur de DRM, et a été élue parmi les 7 représentants du monde des broadcasters. J'ai eu l'occasion de féliciter la personne de Radio France qui était présente à ces réunions, mais profite de cette interview pour renouveler mes sincères félicitations, et témoigner de la réelle satisfaction que j'ai de voir ce grand groupe public de radios rejoindre ce comité. Je crois pouvoir dire d'ailleurs que ce sentiment était partagé par les dirigeants du consortium qui ont vu là le signe de l'intérêt pour leurs travaux de cette société qu'ils tiennent en grande estime. Au-delà de la France, c'est donc un signe excellent pour la radio numérique tout court !
RA : D'autres technologies existent et sèment un peu la confusion au sein des professionnels. Certaines normes sont complémentaires, d'autres concurrentes... Comment, en tant que vice-président, abordez-vous cette question ?
A. D. : La récente consultation nationale sur la radio numérique l'a montré : le débat est riche ! Je pense qu'il ne faut pas avoir peur de cette richesse, et au contraire considérer qu'elle élargit le choix des systèmes qui peuvent être utilisés selon ce qu'on en attend, en terme de service, de desserte, de fonctionnalités. Evidemment, dans "embarras du choix" il y a embarras ! Mais je suis confiant dans le fait que les groupes de réflexions qui ont déjà permis de très riches échanges notamment suite à cette consultation, les expérimentations qui sont faites en France ou ailleurs dans le Monde, permettront à chacun de préciser sa stratégie et de faire le bon choix. La naissance récente de l'association DR en France et le succès qu'elle rencontre déjà me semble également un excellent encouragement pour l'aboutissement de ces réflexions. En tant que vice chairman de DRM, je ne peux que me réjouir de voir que la norme DRM est en bonne place dans les propos des différents acteurs, parce qu'étant immédiatement opérationnelle sur des bandes de fréquences existantes, et apportant un réel plus au opérateurs d'émetteurs et aux auditeurs en modulation d'amplitude. Par ailleurs, ayant dès l'origine été conçue pour respecter les planifications existantes, et notamment en Europe, elle est également très prometteuse pour les bandes au dessus de 30 MHz pour lesquelles les études sont actuellement conduites.
RA : Le consortium DRM travaille sur la numérisation de la FM. Que doivent espérer les radios à ce sujet ?
A. D. : La diffusion de la radio numérique peut déjà revêtir aujourd'hui de multiples formes, comme on l'a vu précédemment. Elle est déjà potentiellement utilisable sur les bandes de radiodiffusion et des normes de diffusion existantes : en dessous de 30 MHz avec DRM, en bande VHF III et en bande L avec le DAB (et ses évolutions à venir DMB et DXB). Le consortium travaille sur l'extension du système jusqu'à 120 MHz, ce qui inclut donc la FM. Son objet était avant tout d'offrir un système de diffusion numérique sur ces bandes, respectant les planifications existantes dans le monde entier, notamment pour des pays qui n'auraient pas à ce jour un réseau FM analogique développé et qui auraient souhaité passer directement au numérique. La situation en France est quelque peu différente, avec une utilisation très poussée de la bande FM, et sans qu'il apparaisse à ce stade comme un préalable de numériser cette FM pour répondre aux appétits de diffusion numérique. Le jour où cette numérisation serait souhaitée et envisagée, DRM sera bien évidemment une excellente solution, non propriétaire, compatible avec la planification en place, et permettant de ce fait la coexistence de diffusions analogiques et numériques.
Philippe Chapot (philippe.chapot_at_radioactu.com) pour RadioActu
© MédiasActu · 2006 · Reproduction interdite sans autorisation
http://www.digitalradioactu.com/actualites-radio-numerique/56829/drm-consortium-entretien-exclusif-avec-alain-delorme/
Philippe Chapot pour RadioActu
© MédiasActu · 2006 · Reproduction interdite sans autorisation
Flash









