PUBLI-INFO > RadioActu vous conseille 

Envoyez cet article à un ami
C'est un virage à 180° que viennent d'opérer les grands groupes de radios nationaux et régionaux français en annonçant ce vendredi 22 septembre la création d'un Groupement pour la Radio Numérique. Alors que ce dossier est en panne en France depuis une quinzaine d'années, RadioActu revient sur ce revirement. Décryptage.
Après plus d'une quinzaine d'années d'atermoiements de la part des grands groupes de radios français sur le déploiement de la radio numérique en France, ces derniers viennent de se regrouper au sein d'un Groupement pour la Radio Numérique. Ce groupement rassemble les stations du groupe Lagardère (Europe 2, Europe 1 et RFM), NRJ Group (NRJ, Nostalgie, Chérie FM et Rires & Chansons), NextRadioTV (RMC et BFM), Radio France (France Inter, France Info, France Bleu, France Culture, France Musique, FIP et Le Mouv'), RTL (RTL, RTL2 et Fun Radio) et le SIRTI, représentant 130 stations locales et régionales indépendantes. Ils ont appelé "au lancement rapide de la radio numérique en France". Selon nos informations, ce nouveau groupement a été créé à l'initiative d'Axel Duroux, président du directoire de RTL, et piloté par Charles-Emmanuel Bon, directeur du développement de RTL. L'idée de la numérisation de la radio en France est née au début des années 90, notamment avec la mise au point du DAB. En juillet 1996, le CSA lance un premier appel aux candidatures pour l'attribution de blocs DAB en Ile-de-France. Un nouvel appel est lancé en septembre 2000, avec des autorisations délivrées pour 5 ans. Il faut rappeler que cet appel a connu un véritable engouement, puisque pas moins de 26 blocs sont alors demandés par les grands opérateurs qui déposent des demandes d'autorisations pour plus de 200 programmes différents. Un an plus tard, seuls 9 blocs sont autorisés par le CSA, tandis que la diffusion s'effectue dans un cadre expérimental. En 2002, le Club DAB créé en 1991 par Roland Faure disparaît. Aujourd'hui, alors que la radio numérique est en pleine expansion à travers le monde et dans de nombreux pays européens, la France affiche désormais un retard conséquent en la matière.
De changements de gouvernements en groupes de travail successifs, les diffuseurs, opérateurs et politiques ont considérablement ralenti le déploiement de la radio numérique. Le débat fait rage sur l'adoption des normes de diffusion, sur le contenu des programmes, sur les zones de couverture et surtout sur l'éventuelle arrivée de nouveaux entrants sur le marché radiophonique français, rendue possible par la numérisation de la radio. Une telle arrivée conduirait à une segmentation plus importante du public et surtout à une possible diminution des recettes publicitaires des grands groupes installés depuis 25 ans sur la FM. Ainsi, depuis plusieurs années, les grands opérateurs ont participé du bout des lèvres aux différentes initiatives prises en faveur de la radio numérique. Aujourd'hui, rassemblés au sein du Groupement pour la Radio Numérique, ils représentent plus de 90% de l'audience de la radio. Opérant un virage à 180°, ils entendent désormais oeuvrer pour un lancement de la radio numérique dès 2007. Cette initiative intervient au lendemain d'une réunion avec le CSA. Ce dernier a annoncé son intention de lancer les premiers appels aux candidatures pour la radio numérique d'ici la fin de l'année 2006.
Pour sa part, le Groupement pour la Radio Numérique estime que ce déploiement "devra s'appuyer sur la diversité de l'offre existante dans la radio en France, une des plus riches au monde" tout en permettant "l'extension de la couverture des nombreuses radios nationales, multivilles, régionales ou locales qui ne parviennent pas à atteindre leur public et leur territoire en analogique". Or, la radio numérique ne trouvera son public que si, à l'instar de la TNT, elle permet une réelle opportunité d'enrichissement de l'offre existante. En effet, se contenter de dupliquer l'existant sur les nouveaux supports numériques de diffusion ne suscitera vraisemblablement aucun engouement du public. Ce dernier bénéficie déjà de la démocratisation du multimédia, de l'explosion du podcast et de la montée en puissance des webradios thématiques et des baladeurs MP3. La radio doit faire face à ces mutations technologiques extrêmement rapides qui ont un véritable impact sur leur audience et sur le comportement de leurs auditeurs.
"Si nous ne changeons pas radicalement d'attitude pour adopter un comportement digne d'un entrepreneur, nous disparaîtrons. Nous devons impérativement rechercher une transition numérique pour notre média", déclarait récemment Simon Nelson, responsable des programmes interactifs à la BBC. Outre-Manche, la radio numérique rencontre un véritable succès, portée par une diversification de l'offre de programmes spécifiquement produits et diffusés sur les réseaux numériques hertziens. Fort de ce constat, on comprend mieux la précipitation soudaine des opérateurs français. Ils demandent ainsi la construction d'un réseau dédié à la radiodiffusion numérique, idée qu'ils rejettaient pourtant il y a quelques années, estimant son coût trop élevé. Par ailleurs, ils "appellent à l'utilisation rapide des ressources dégagées à l'occasion de la Conférence Régionale des Radiocommunications qui s'est tenue à Genève en juin 2006". Les ressources attribuées à la France pour la radio numérique par l'Union Internationale des Télécommunications sont situées sur la bande III. Il estiment également "prometteuses les capacités attendues des évolutions du DAB". Toutefois, le Groupement pour la Radio Numérique considére que la mise en place d'un réseau de diffusion numérique "n'est pas exclusif d'autres modes de diffusion de la radio en numérique" et souhaite que "l'interopérabilité des réseaux numériques soit garantie". Ils ont ainsi appelé les équipementiers à se concerter pour initialiser un parc de récepteurs multistandards. Or, ces derniers n'attendaient qu'un signe fort de la part des opérateurs pour lancer la fabrication à grande échelle de tels récepteurs. Enfin, le Groupement pour la Radio Numérique estime que la radio doit trouver sa place sur les réseaux DVB-H et DVB-T et souhaite que "les opportunités de numérisation des bandes existantes (AM et FM) soient examinées".
Thibault Leroi (thibault.leroi_at_radioactu.com) pour RadioActu
© MédiasActu · 2006 · Reproduction interdite sans autorisation
http://www.digitalradioactu.com/actualites-radio-numerique/62399/radio-numerique-les-principaux-operateurs-francais-se-regroupent/
Thibault Leroi pour RadioActu
© MédiasActu · 2006 · Reproduction interdite sans autorisation
Flash









