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02/01/2007

DR Belux - Un message à Renaud de Donnedieu de Vabres

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Fadila LAANAN Ministre de la culture, de l'audiovisuel et de la jeunesse a dédicacé son discours à l'association DR France lors du déjeuner officiel avec un message personnel au Ministre de la communication, Mr Renaud Donnedieu de Vabres. Retrouvez le discours complet de la Ministre lors de la réunion d'information DR Belux.

DR Belux - Un message à Renaud de Donnedieu de Vabres Intervention de Madame Fadila LAANAN, Ministre de la Culture, de l'Audiovisuel et de la Jeunesse, lors de la Journée d'information DR BELUX sur la radio numérique

Bruxelles, le 10 novembre 2006.


Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,


La Conférence régionale de l'Union internationale des télécommunications, qui s'est achevée à Genève le 16 juin 2006, a balisé l'avenir du développement de la radiodiffusion terrestre numérique. La Communauté française de Belgique y a obtenu des capacités qu'il convient désormais de mettre en oeuvre. Pour mémoire, la Communauté française dispose désormais de six couches numériques complètes dédiées à la DVB-T en Bandes IV et V, de trois couches complètes dédiées à la T-DAB en Bande III, d'une couche complète T-DAB en Bande L et d'une couverture complète en Bande III qui pourra, selon notre choix, être dédiée à une couverture DVB-T ou à quatre couvertures T-DAB.

Le 13 octobre dernier, le Gouvernement a décidé de soumettre à consultation des parties intéressées une feuille de route qui devra l'aider dans sa décision finale relative à un plan de passage à la radiodiffusion hertzienne terrestre numérique. Et, bien entendu, les conclusions des travaux de DR BELUX pourront m'être utilement communiquées, comme je l'y ai expressément invité son président, Jean-Jacques DE LEEUW.

L'ordre du jour de vos travaux montre que la radio numérique ne se limite pas à la mise en oeuvre des résultats de la Conférence de Genève 2006. La T-DAB n'est qu'une norme de transmission numérique parmi d'autres.

Déjà, la radio est diffusée en DVB-T sur les multiplexes mis en oeuvre par la RTBF et la VRT. D'autres bandes de fréquences sont désormais concernées par le développement de standards de diffusion numérique adaptés à leurs caractéristiques. Comme l'a montré un test mené en direct lors d'une très récente conférence de presse de la RTBF, le DRM offrirait de nouvelles possibilités et une nouvelle jeunesse aux ondes courtes.

Au-delà de ses aspects strictement techniques, la radio connaît aujourd'hui, sous l'effet d'évolutions technologiques, une profonde mutation. Méritera-t-elle encore son appellation d'origine ?

Depuis le développement des réseaux de câblo-distribution, la radio n'est plus la T.S.F. de nos grands parents. Cette dissociation du média radio par rapport à son support technique s'est encore creusée avec le streaming audio que nous propose internet.

Média "chaud" selon Mc LUHAN, qui annonçait voici 40 ans le passage de la Galaxie Gutenberg à la Galaxie Marconi, la radio a longtemps été vécu comme un média de masse et de l'immédiateté. Que ce soient les informations, les événements ou les émissions en général, la radio était une relation directe et instantanée entre un éditeur et son public. Là aussi, les choses bougent.

Le développement du Podcasting, par exemple, a brisé ce lien immédiat. Désormais, il est possible d'écouter la radio en différé, ce qui pouvait paraître incongru encore il y a peu. En léger différé, précisera-t-on, puisque le Podcasting n'est pas conçu comme un mode d'archivage de la radio mais bien d'écoute de la radio, voire d'édition ou plutôt de réédition de programmes radio. Chaque auditeur peut en effet désormais s'ériger en directeur de son propre programme radio et enchaîner Les Grosses têtes avec le Jeu du dictionnaire.

Cette évolution technologique, plus rapide en radio qu'en télévision pour ce qui concerne sa pénétration dans le public, me paraît positive à la fois pour le public et pour le média radio. Chacun connaît en effet les courbes d'audience de la radio qui connaissent un sérieux fléchissement à l'approche de la soirée. Un fléchissement qui condamne à l'anonymat certains programmes de qualité diffusés durant le prime time de la télévision. Les contraintes de la vie quotidienne nous font aussi passer à côté de ce que nous pouvons avoir envie d'entendre en plus du simple bruit de fond que peut constituer la radio. Cet accès en différé offre de nouveaux espaces d'écoute de la radio au moment où notre budget-temps consacré aux médias peut être contraint par la technique. La portabilité accrue des moyens de consommation de la radio va renforcer le média radio face à ses concurrents, particulièrement la musique enregistrée. Ceci n'est pas anodin du point de vue de la liberté de choix du public quant aux oeuvres diffusées en radio et de la promotion de la diversité culturelle.

Pour revenir à une radio plus classique, il est certain que la numérisation des émissions sur des fréquences comme les ondes courtes ou moyennes va aussi renforcer la disponibilité des programmes diffusés. Il sera à nouveau permis de recevoir avec une bonne qualité des programmes francophones belges dans des zones où résident temporairement ou plus longuement des citoyens de la Communauté française, ce qui ne manquera pas de resserrer les liens qui nous unissent.

La multiplication des plates-formes de diffusion de la radio entraîne à la fois l'abondance des services disponibles et leur adaptation aux nouveaux supports. Dans une société appelée à augmenter la part des services et de l'information dans les dépenses des particuliers, cette multiplication ne pose pas un vrai problème à la radio. Tout au plus sera-t-elle un jour limitée par la disponibilité sur 24 heures de 4,5 millions de paires d'oreilles que représente la Communauté française. Aussi, au-delà du développement des moyens technologiques, il convient de réfléchir au financement du secteur de la radio sous toutes ses formes. C'est en tout cas une préoccupation d'un pouvoir public comme le Gouvernement de la Communauté française.

Manifestement donc, la radio est appelée à connaître des évolutions, si pas des révolutions, à l'occasion du développement de sa transmission numérique. Et il me paraît utile que les parties intéressées à ce développement se retrouvent sur des plates-formes comme celle de DR BELUX pour examiner en commun les enjeux technologiques, sociologiques et économiques que porte la radio numérique. J'ose espérer que la plate-forme que vous venez de mettre en place répondra aux attentes de l'ensemble des parties intéressées et sera aussi un partenaire utile au Gouvernement dans la mise en oeuvre de sa politique de transition vers la radiodiffusion numérique. C'est en tout cas ce qui a motivé ma présence aujourd'hui parmi vous.

Je vous remercie et souhaite plein succès à vos travaux.

Eléa Vidal (elea.vidal_at_radioactu.com) pour RadioActu

© RadioActu SAS · 2007 · Reproduction interdite sans autorisation

http://www.digitalradioactu.com/actualites-radio-numerique/65215/dr-belux-un-message-a-renaud-de-donnedieu-de-vabres/

Eléa Vidal pour RadioActu

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