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C'est une étape décisive qui a été franchie, avec l'annonce ce mardi 13 mars par François Loos, Ministre délégué à l'Industrie, des normes de diffusion de la radio numérique. Le CSA devra valider ces normes avant la publication des arrêtés définitifs. Les premières émissions pourraient débuter en 2008. RadioActu revient sur les décisions prises par le Ministère et ses conséquences sur la radio de demain.
C'est dans le cadre d'une réunion qui s'est tenue ce mardi 13 mars à la Maison de Radio France que François Loos, Ministre Délégué à l'Industrie, a dévoilé les différentes normes retenues pour la diffusion numérique de la radio. Cette réunion était organisée à l'invitation de Jean-Paul Cluzel, PDG de Radio France, en présence des représentants du Groupement pour la Radio Numérique (GRN), qui regroupe Radio France, Lagardère Active Média, NextRadio TV, le SIRTI, NRJ Group et RTL. Ces opérateurs représentent 90% de l'audience de la radio en France. En préambule, Jean-Paul Cluzel a balayé les choix opérés par certains pays européens tels que le Royaume-Uni, la Suisse ou la Belgique de diffuser la radio numérique selon la norme DAB. "En France, ce DAB tel qu'il est n'a pas eu de véritable succès. Nous avons souhaité l'adoption d'une norme pour la France", a t-il déclaré. Il a également rappelé que l'année 2006 a été "décisive" en matière de radio numérique. Pour lui, le passage à la diffusion numérique représente "un impératif et une formidable opportunité". C'est pourquoi la mise en place d'une norme est essentielle à ses yeux. Le président du groupe est également revenu sur la conférence de Genève qui s'est tenue l'année dernière. Cette conférence a "accéléré de manière significative le processus de mise en place de la radio numérique", a t-il indiqué. La France s'est vue attribuer des "ressources substantielles" dans les bandes III et L pour y développer la radio numérique. Jean-Paul CLuzel a expliqué que le GRN avait opté pour la norme T-DMB, qui permet, selon lui, "de conserver l'intégralité des radios existantes. Même si l'augmentation de l'offre n'est pas une priorité pour certains opérateurs, cette norme peut permettre un certain accroissement".
Pour sa part, François Loos a souligné la mutation actuelle du secteur de la radio avec l'arrivée de la radio sur Internet, l'explosion du podcasting et le développement de l'offre. Il estime que le déploiement de la radio numérique "sera synonyme de reconquête de l'audience, aujourd'hui déclinante, tout en préservant ses atouts actuels". Selon le Ministre, l'extinction de la FM analgique traditionnelle n'interviendra pas avant plusieurs années. "Elle est un succès et notre démarche aujourd'hui consiste non pas à lui substiture une nouvelle technologie mais à enrichir le paysage radiophonique grâce aux technologies de numérisation". François Loos a rappelé qu'il avait assisté aux Rencontres organisées en juillet dernier par l'association DR Digital Radio, qui lui ont permis de mesurer la motivation des éditeurs et des industriels. A l'heure actuelle, la France dispose pour la radio numérique de 2 multiplex sur les bandes III et L. Ils pourront être portés à 6 "selon l'usage que fera le CSA de ces bandes", a indiqué le Ministre. En bande III, le déploiement de la radio numérique se fera progressivement dans les fréquences libérées par l'extinction de la diffusion analogique de Canal +, extinction définitive au plus tard en novembre 2011. Enfin, François Loos a ajouté que la loi avait prévu un label "prêt pour la radio numérique", afin de garantir au consommateur que son appareil pourra recevoir la radio numérique.
Reste la délicate question de la norme et des récepteurs. Le Ministère Délégué à l'Industrie a préparé deux arrêtés techniques en ce sens. Pour l'arrêté concernant les normes et les caractéristiques des signaux diffusés, dit "arrêté signal", le Ministère a proposé l'adoption de plusieurs normes. Pour la numérisation des bandes AM, c'est la norme DRM (Digital Radio Mondiale) qui a été retenue. Elle permet la numérisation des ondes inférieures à 30 MHz (moyennes, courtes et longues). Pour la diffusion par satellite, le Ministère a retenu la norme E-SDR et la norme DVB-SH, en cours de validation à l'ETSI. Pour le réseau dédié en bandes III et L, la norme T-DMB, soutenue par le GRN a été retenue. Toutefois, le Ministère a souhaité "tenir compte des dernières avancées techniques concernant la radio numérique" et a souhaité attirer l'attention du CSA sur d'autres normes de diffusion, telles que le DAB +. Préconisée par l'association DR, cette norme a été validée par l'ETSI en février dernier. Moins onéreuse en termes de coûts de diffusion, cette norme est adaptée à la préservation du paysage radiophonique français et le pluralisme des opérateurs. La défense de cette diversité a toujours été au coeur des instances de régulation. Concernant le DAB+, le Ministère Délégué à l'Industrie souhaite "explicitement reccueillir l'analyse du CSA sur l'opportunité de l'introduire dès à présent dans l'arrêté signal". François Loos a expliqué que "si les choix que nous faisons aujourd'hui reflètent l'état des technologies de diffusion déjà éprouvées, les textes règlementaires pourront toujours être enrichis dans l'avenir de nouvelles normes de diffusion disponibles et pour lesquelles l'intérêt des acteurs seraient clairement affiché". Ces deux arrêtés ont été transmis le 12 mars dernier au CSA qui devrait rendre son avis sous un mois. Ils seront ensuite notifiés à la Commission européenne avant d'être publiés et signés.
Outre les nouvelles possibilités offertes par la radio numérique, François Loos estime qu'elle "va permettre aussi d'étendre cette offre de radio renouvelée (...) tout en préservant et même renforçant le pluralisme parmi les acteurs de la radio". Il a ajouté que "la mécanique est désormais enclenchée pour que la radio numérique arrive chez les français d'ici un an". Marc Pallain, président du directoire de NRJ Group, a parlé d'un "moment historique". Pour sa part, Jean-Michel Kandin, directeur délégué à LAM, a expliqué que le GRN était "prêt à s'activer". Une plateforme T-DMB sera d'ailleurs présentée à Paris dans les mois à venir. Enfin, Mathieu Quétel, vice-président de SIRTI, a rappelé que la radio numérique est le fruit d'un "consensus" entre différents groupes radios. Contacté par RadioActu, Jamil Shalak, président de l'association DR, a estimé que les déclarations de François Loos "ouvrent la voie au lancement prochain d'une radio numérique dans laquelle toutes les radios auront une place. Non seulement celles qui existaient déjà mais aussi celles qui ont besoin d'étendre leur réseau ainsi qu'à de nouveaux entrants dans des conditions économiques viables". Il a ajouté que "la volonté d'associer tous les acteurs à la radio du futur et d'explorer, sous l'égide du CSA, l'ensemble des voies exploitables - DRM, T-DMB mais aussi DAB+ - est un signal d'une force considérable qui ne peut que calmer les inquiétudes de nombreux diffuseurs et organisations professionnelles".
Crédit photos : Radio France - Robert Leyx
Thibault Leroi (thibault.leroi_at_radioactu.com) pour RadioActu
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Thibault Leroi pour RadioActu
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