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Le SNRL (Syndicat National des Radios Libres) a estimé que le choix du seul T-DMB pour la future radio numérique allait "raréfier la ressource disponible". Il a vigoureusement défendu "le droit imprescriptible" de tous les opérateurs à pouvoir diffuser en numérique, afin de "garantir le pluralisme", et s'est dit favorable à l'adoption d'une norme multistandards en France.
Alors que la Commission Européenne doit se prononcer le 16 novembre prochain sur les choix technologiques de la France en matière de radio numérique - choix qui ont fait l'objet d'une désapprobation du Royaume-Uni et de l'Allemagne - le SNRL a été reçu par le Ministère de la Culture et de la Communication et a été entendu par le CSA. Le syndicat a rappelé son attachement à la nécessité d'enrichir l'offre audiovisuelle et à garantir le pluralisme. Il s'est inquiété de la volonté des opérateurs de téléphonie mobile de vouloir s'accaparer la bande L, notamment pour le haut débit mobile. "La question centrale de la norme de diffusion prend un tour tragi-comique", déplore le SNRL, qui indique avoir saisi Thomas Hammarberg, commissaire aux Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe. Soulignant que le potentiel des bandes III et L est différent selon la norme utilisée, le SNRL a dénoncé le "hold-up industriel" des opérateurs de téléphonie et souhaite que l'ensemble des ressources dégagées pour la diffusion numérique soient "sanctuarisées et allouées au bénéfice de tous les opérateurs audiovisuels", notamment aux stations de catégorie A et B. Ces derniers doivent "avoir le droit imprescriptible et les moyens de diffuser en numérique à court terme", estime le SNRL.
Le syndicat défend par ailleurs le principe d'une diffusion et d'une réception multinormes. En effet, le choix de la norme aura un impact direct sur le coût de la diffusion, qui pourra se révéler difficile à supporter pour les opérateurs associatifs et les stations locales commerciales privées. Rejoignant un point de consensus qui semble être en train de se dégager tant au niveau des opérateurs que des institutions, le SNRL préconise l'adoption d'un bi-standard numérique en DAB et+ en T-DMB, y compris sur un même multiplex, et une norme multistandard pour les récepteurs (DAB+, T-DMB, DRM et FM analogique). A l'heure où se déroulent des expérimentations de diffusion, le SNRL estime que le DAB+ est aujourd'hui la norme "la plus accessible et la plus souple" pour la diffusion numérique de la radio. Moins gourmand en bande passante, il reste abordable pour de nouvelles radios locales et thématiques, ajoute le SNRL. En outre, l'adoption de cette norme au niveau européen permet une utilisation transfrontalière des récepteurs. Le DAB+ permet également un basculement automatique analogique-numérique, permettant une transition en douceur vers le tout numérique, "sans porter atteinte à la richesse de l'offre pour l'auditeur", souligne le SNRL. A l'heure actuelle, des pays tels que l'Australie ont entamé une migration de la radio numérique en DAB vers le DAB+, tandis que le Royaume-Uni s'apprête à suivre la même voie.
Le SNRL ajoute qu'il "défend le principe d'une cohabitation T-DMB et DAB+", rappelant qu'en Europe seul le GRN regroupant RTL Group, Lagardère, Radio France et le SIRTI assure la promotion de cette norme pour la diffusion de la radio numérique. Le T-DMB et le DAB, sont deux normes issues de la famille DAB. Le SNRL souhaite que soit limitée la ressource allouée au T-DMB, en raison des coûts liés à l'encodage et à la bande passante trés importante consommée par cette norme, consommation liée à l'importante couche vidéo qu'elle comporte. "La parte vidéographique n'est pas la priorité des opérateurs, et encore moins celle des auditeurs", estime le SNRL, ajoutant que "le T-DMB raréfie la ressource disponible". Craignant que l'importance de la partie vidéo ne détourne la vocation initiale de la radio, le SNRL préconise de limiter à 96 kps le débit maximal alloué à un service, et que 70% de sa bande passante soit de l'audio pur, le reste pouvant être utilisé pour la diffusion de donnée associées. D'autre part, le SNRL souhaite que les stations puissent s'associer pour assurer leur propre diffusion en numérique, sans passer obligatoirement par des opérateurs de diffusion. Le SNRL souhaite également qu'une réflexion soit mené pour la numérisation de la bande des 26 Mhz en mode DRM, qui offre "un potentiel intéressant, notamment en zones rurales". Enfin, le SNRL s'est prononcé pour l'octroi automatique de licences de diffusion numérique aux titulaires d'autorisations de services analogiques, et pour la simultanéité des appels à candidatures nationaux et territoriaux.
Thibault Leroi (thibault.leroi_at_radioactu.com) pour RadioActu
© MédiasActu · 2007 · Reproduction interdite sans autorisation
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